Traçabilité automatisée du berceau à la tombe pour « identifier et cibler les exclus ».
Source : Jon Fleetwood, Substack, 02 décembre 2025 Jon Fleetwood, Substack, 02 décembre 2025
Dans un document publié dans le Bulletin d’ octobre de l’Organisation mondiale de la santé et financé par la Fondation Gates, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) propose une infrastructure d’identité numérique interopérable à l’échelle mondiale permettant de suivre en permanence le statut vaccinal de chaque individu depuis sa naissance.
Cette proposition dystopique soulève bien plus que des questions de protection de la vie privée et d’autonomie : elle met en place l’architecture nécessaire à l’extension des pouvoirs publics, au profilage interdomaines, au ciblage comportemental par l’IA, à l’accès conditionnel aux services et à une grille de surveillance interopérable à l’échelle mondiale permettant de suivre les individus à la trace.
Il crée également des risques sans précédent en matière de sécurité des données, de responsabilité et de dérapage des missions, permettant un système de contrôle numérique qui s’étend à tous les secteurs de la vie.
Le système proposé :
- intègre des informations personnellement identifiables à des données socio-économiques telles que « le revenu du ménage, l’appartenance ethnique et la religion ».
- déploie l’intelligence artificielle pour « identifier et cibler les laissés-pour-compte » et « combattre la désinformation ».
- et permet aux gouvernements d’utiliser les carnets de vaccination comme conditions préalables à l’éducation, aux voyages et à d’autres services.

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Ce que le document de l’OMS admet, dans ses propres termes
Pour établir le cadre, les auteurs définissent le programme comme rien de moins qu’une restructuration de la manière dont les gouvernements gouvernent :
« La transformation numérique est la mise en œuvre intentionnelle et systématique d’applications numériques intégrées qui modifient la manière dont les gouvernements planifient, exécutent, mesurent et contrôlent les programmes. »
Ils en précisent ouvertement l’objectif :
« Cette transformation peut accélérer les progrès vers le programme de vaccination 2030, qui vise à garantir que tout le monde, partout et à tout âge, bénéficie pleinement des vaccins. »
C’est dans ce contexte que s’inscrivent toutes les recommandations politiques qui suivent : un système mondial d’observance des vaccinations, mis en œuvre numériquement.
1. Identité numérique enregistrée à la naissance et suivi tout au long de la vie
Le document décrit un système dans lequel un nouveau-né est automatiquement ajouté à un registre numérique national de suivi des vaccins au moment où sa naissance est enregistrée.
« Lorsque la notification des naissances déclenche la création d’un carnet de vaccination numérique personnel, les agents de santé savent qui vacciner avant le premier contact de l’enfant avec les services.
Ils précisent que cette identité numérique contient des identifiants personnels :
« Un nouveau-né dont le carnet de vaccination électronique contient des informations personnelles identifiables est avantagé, car les agents de santé peuvent retrouver son carnet grâce à des identifiants uniques ou à des données démographiques, générer des listes d’enfants non vaccinés et rappeler aux parents de les emmener se faire vacciner. »
Il s’agit d’une traçabilité automatisée, du berceau à la tombe.
Le système permet également la surveillance de tous les sites :
« Avec un carnet de vaccination électronique national, un enfant peut être suivi partout dans le pays et renvoyé électroniquement d’un établissement de santé à un autre.
Il s’agit d’un suivi de la mobilité lié à la conformité médicale.
2. Relier les carnets de vaccination aux revenus, à l’origine ethnique, à la religion et aux programmes sociaux
Le document soutient explicitement la fusion du statut vaccinal avec les données socio-économiques.
« Les registres qui enregistrent les données sur les biens des ménages pour les programmes de protection sociale permettent de suivre la couverture vaccinale en fonction du statut socio-économique, comme le revenu du ménage, l’appartenance ethnique et la religion.
Il s’agit d’une stratification démographique liée à une base de données de conformité.
3. Conditionner l’accès à la scolarisation, aux voyages et aux services à la preuve numérique des vaccins
L’OMS reconnaît et encourage les systèmes qui exigent la carte de vaccination pour les fonctions civiles essentielles :
« Certains pays exigent une preuve de vaccination pour que les enfants aient accès aux crèches et à l’éducation, et la preuve d’autres vaccinations est souvent exigée pour les voyages internationaux ».
Ils soulignent ensuite pourquoi les formats numériques sont préférés :
« Les enregistrements et les certificats numériques sont traçables et partageables.
La traçabilité numérique est synonyme d’applicabilité.
4. L’utilisation de systèmes numériques pour éviter de « gaspiller des vaccins sur des enfants déjà immunisés ».
Les auteurs décrivent un raisonnement clé :
« Le statut vaccinal des enfants n’est pas vérifié pendant les campagnes, une pratique qui gaspille des vaccins sur des enfants déjà immunisés et les expose à des risques d’effets indésirables.
Leur solution est la vérification automatisée afin de maximiser le rendement des vaccinations.
Le système numérique se positionne à la fois comme un outil d’amélioration de la logistique et comme un outil de mise en conformité :
« Les carnets de vaccination électroniques nationaux pourraient transformer la façon dont les campagnes de lutte contre la rougeole et les activités de vaccination supplémentaires sont menées en permettant de confirmer sur place le statut vaccinal.
5. Des systèmes d’IA pour cibler les individus, identifier les « laissés-pour-compte » et lutter contre la « désinformation
Le document de l’OMS fait ouvertement la promotion de l’intelligence artificielle pour façonner le comportement du public :
« L’IA démontre son utilité pour identifier et cibler les laissés-pour-compte, identifier les goulets d’étranglement dans les services, lutter contre la désinformation et optimiser la gestion des tâches.
Ils expliquent les utilisations supplémentaires prévues :
« D’autres applications stratégiques comprennent l’analyse de données au niveau de la population, la prévision des besoins en services et de la propagation des maladies, l’identification des obstacles à la vaccination et l’amélioration de l’évaluation de la nutrition et de l’état de santé par le biais de la technologie mobile.
Il s’agit d’une analyse prédictive associée à des opérations d’influence.
6. Normes mondiales d’interopérabilité pour l’échange international de données
Les auteurs appellent à la mise en place d’une norme internationale unifiée en matière de données :
« Reconnaître les ressources d’interopérabilité rapide des soins de santé… comme la norme mondiale pour l’échange de données sur la santé ».
Traduction : les données d’identité personnelle liées aux vaccins doivent pouvoir être partagées à l’échelle mondiale.
Ils décrivent la nécessité d’une « infrastructure publique numérique » :
« L’infrastructure publique numérique est un fondement et un catalyseur de la transformation numérique des soins de santé primaires. »
Voici l’architecture d’un réseau mondial d’observance des vaccinations.
7. L’expansion de la surveillance dans les interactions quotidiennes
L’OMS propose un modèle de surveillance qui s’active chaque fois qu’un enfant interagit avec un service de santé ou un service communautaire :
« Les ASC qui identifient les enfants lors des visites à domicile et d’autres activités communautaires peuvent les orienter vers la vaccination par le biais d’un registre électronique de vaccination ou d’un dossier électronique de santé de l’enfant.
Il s’agit d’acteurs communautaires non cliniques qui participent à l’identification de l’observance de la vaccination.
Les auteurs décrivent également l’intégration interservices :
« Les enfants sous-vaccinés peuvent être atteints lorsque les ASC et les prestataires de services des établissements collaborent et communiquent autour d’enfants individuels dans les mêmes dossiers électroniques de santé infantile.
Chaque point de contact devient un point de contrôle.
8. Modifier le comportement grâce aux alertes, aux rappels et à la surveillance sociale
L’OMS préconise l’utilisation de messages numériques pour combler les « écarts entre l’intention et l’action » :
« La communication directe avec les parents sous forme d’alertes, de rappels et d’informations permet de combler le fossé entre l’intention et l’action.
Ils prescrivent également la surveillance numérique des sentiments du public :
« La détection active et la réponse à la désinformation dans les médias sociaux renforcent la confiance et la demande ».
Il s’agit d’une justification officielle pour surveiller et contrer les discours.
9. Reconnaissance du contrôle exercé par les donateurs au niveau mondial – y compris la Fondation Gates
À la toute fin de l’article, l’architecte financier s’exprime clairement :
« Ce travail a été soutenu par la Fondation Gates [INV-016137].
Cela confirme l’alignement sur les initiatives mondiales d’identification et d’enregistrement des vaccins soutenues par la Fondation Gates et mises en œuvre par l’intermédiaire de Gavi, de la Banque mondiale, de l’UNICEF et de l’OMS.
Résultat final
Selon les propres termes de l’OMS :
« La transformation numérique est une occasion unique de relever de nombreux défis de longue date dans le domaine de la vaccination… le moment est venu d’adopter des approches nouvelles et audacieuses. » Et :
« Les parties prenantes (…) devraient adopter la transformation numérique en tant qu’outil permettant d’atteindre les objectifs ambitieux du Programme de vaccination 2030. »
Il s’agit d’une proposition globale pour un système d’identité numérique mondial, lié en permanence au statut vaccinal, intégré aux données démographiques et socio-économiques, mis en œuvre par une surveillance pilotée par l’IA et conçu pour l’interopérabilité internationale.
Il n’est pas spéculatif, mais écrit en langage clair, financé par la Fondation Gates et publié dans le journal de l’Organisation mondiale de la santé.





