Les États-Unis accusent l’UE de censure mondiale de l’internet

Les États-Unis accusent l'UE de censure mondiale de l'internet- 2

La commission judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis est très critique à l’égard de la campagne de censure globale de l’internet menée par la Commission européenne depuis une dizaine d’années.

Le 3 février 2026, la commission judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis, dirigée par les républicains, a publié un rapport intérimaire de 160 pages intitulé « La menace de la censure étrangère, partie II : la campagne menée depuis dix ans par l’Europe pour censurer l’Internet mondial et la manière dont elle nuit à la liberté d’expression des Américains aux États-Unis ». Cet exposé fait suite à un rapport de juillet 2025 (partie I) et s’appuie sur des documents internes cités à comparaître provenant de grandes plateformes telles que Meta, Google, TikTok et X.

Le rapport affirme que la Commission européenne (CE) a, pendant une décennie, fait pression sur les entreprises technologiques pour qu’elles adoptent des politiques globales de modération des contenus qui suppriment les discours politiques légitimes – y compris aux États-Unis – dans le cadre de la loi sur les services numériques (DSA) et d’initiatives connexes.

Allégations et mécanismes de base

Le rapport indique que les efforts de la CE ont commencé en 2015 avec le Forum Internet de l’UE (EUIF) pour lutter contre le terrorisme en ligne, mais qui a été élargi pour cibler le « contenu limite » (discours non illégal mais potentiellement nuisible lié à l’extrémisme). Les outils utilisés étaient des codes volontaires (2016 Hate Speech Code, 2018/2022 Disinformation Code), le 2023 EUIF Handbook on Borderline Content, qui énumère des catégories telles que la rhétorique populiste, les opinions anti-gouvernementales/anti-UE/anti-élite, la satire politique, les sentiments anti-migrants/islamophobes/réfugiés, les contenus anti-LGBTQI/trans/gendrés, et la sous-culture des mèmes. Elle comprend également l’ASD (qui entrera pleinement en vigueur en 2024), qui impose des amendes pouvant aller jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial et exige des évaluations des risques, la transparence et la modération des risques systémiques.

Plus de 100 réunions à huis clos de la Commission européenne ont eu lieu depuis 2020 afin de contraindre les plateformes à mettre à jour les règles globales, à rétrograder ou à supprimer du contenu dans le monde entier. Les exemples incluent la censure d’informations véridiques sur les origines/vaccins du COVID-19, les politiques migratoires, les questions liées au transgenre et les opinions liées aux élections. Les plateformes se seraient conformées pour éviter les sanctions, appliquant les normes de l’UE de manière extraterritoriale et violant les protections du premier amendement des États-Unis.

Ingérence électorale

Le rapport fait état de pressions exercées par la Commission européenne avant plusieurs élections européennes.

Avant les élections slovaques de 2023, TikTok a censuré des déclarations telles que « il n’y a que deux genres » ou « l’idéologie LGBTI est une menace » et les a qualifiées de « discours de haine », malgré leur prévalence dans les débats locaux. Dans le cas de la France ( Pays-Bas en 2023 et 2025, France, Moldavie, Irlande en 2024 et 2025), entre autres, des demandes urgentes ont été formulées par des « signaleurs de confiance » (ONG, ministères nationaux) afin de modérer les contenus populistes/conservateurs. Avant les élections européennes de juin 2024, les plateformes ont affiné leurs algorithmes et réduit la visibilité de la « désinformation » conformément aux lignes directrices de la Commission européenne.

Le cas le plus agressif cité est l’élection présidentielle de 2024 en Roumanie. L’indépendant populiste Călin Georgescu a remporté le premier tour (~22,9 %) le 24 novembre 2024. Les services de renseignement roumains ont allégué une promotion TikTok orchestrée par la Russie via ~25 000 comptes. La Cour constitutionnelle a annulé les résultats le 6 décembre, citant l’ingérence étrangère et l’équité faussée. Un vote reprogrammé en mai 2025 a favorisé un candidat de l’establishment.

Les documents TikTok cités à comparaître contredisent ces affirmations : TikTok n’a trouvé « aucune preuve » de l’existence d’un réseau russe coordonné de 25 000 comptes ou de l’implication d’un État étranger, et n’a identifié qu’une activité nationale limitée en faveur de Georgescu (<2 000 followers dans un cas). TikTok a résisté aux suppressions globales de posts privés pro-Georgescu pour des raisons de liberté d’expression, utilisant plutôt des géo-blocages sur ordre du tribunal. Malgré cela, la CE a lancé des actions rapides dans le cadre de l’ASD : des demandes d’information urgentes, des tables rondes et une enquête formelle sur la modération de TikTok le 17 décembre 2024. Les autorités roumaines et les ONG ont signalé des contenus dans le monde entier, en ciblant des points de vue sur la migration, les questions LGBTQ, les élections et l’annulation.

TikTok a censuré plus de 45 000 éléments de désinformation présumés avant les élections européennes, y compris des opinions critiques à l’égard des femmes.

Le rapport affirme que ces mesures – basées sur une ingérence étrangère non prouvée – ont permis la suppression du discours populiste sous des prétextes de « désinformation », illustrant les interventions électorales plus larges de l’UE qui désavantagent les conservateurs.

Les changements de politique au niveau mondial ont censuré les utilisateurs américains sur les vaccins, les élections et la satire. Le rapport note que la non-coopération de X a conduit à une amende de 120 millions d’euros de la part de l’ASD et à des mesures d’application connexes.

Les auteurs recommandent l’adoption de lois américaines pour séparer la modération UE/États-Unis et contrer l’influence extraterritoriale.

La Commission européenne rejette ces allégations en les qualifiant de « non fondées », déclarant que l’ASD favorise la transparence, lutte contre les contenus illégaux, les discours de haine et la désinformation, et n’impose pas la censure des discours légaux.

Le rapport complet est disponible ici.

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