Le 15 août 2025, j’ai soumis une demande au titre de la loi sur la liberté de l’information à l’Institut Friedrich Loeffler (FLI), le laboratoire national de référence pour les maladies animales. Ma demande était spécifique : je souhaitais obtenir la documentation complète de ce que l’on appelle les contrôles négatifs, c’est-à-dire les tests effectués sur des échantillons d’animaux sains qui garantissent que les tests de laboratoire sont effectués de manière fiable et correcte. Ces contrôles constituent une norme méthodologique dans la recherche virologique et un élément central de l’assurance qualité scientifique.
Le FLI a confirmé la réception de ma demande le 5 septembre 2025 et s’est référé aux normes internationales de l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH) et aux manuels de méthodes publiés. Ceux-ci servent à normaliser les processus de laboratoire et sont accessibles au public conformément à l’article 27, paragraphe 5, de la TierGesG. L’institut a également souligné qu’il est accrédité en tant que laboratoire national de référence et que les méthodes utilisées sont régulièrement examinées, notamment conformément à la norme ISO DIN EN ISO/IEC 17025:2018. Cela garantit que les procédures de laboratoire utilisées sont fiables, conformes et de pointe.
Néanmoins, le FLI a refusé de divulguer la documentation complète. Ce refus est motivé par des raisons de sécurité, conformément au règlement de l ‘UE sur le double usage (règlement (UE) 2021/821), qui stipule que certains matériaux, technologies et informations susceptibles d’être utilisés pour la production d’armes de destruction massive ou à des fins terroristes doivent faire l’objet d’une protection spéciale. De l’avis de l’Institut, les informations relatives aux enquêtes sur la fièvre aphteuse, la rage ou la peste porcine africaine peuvent compromettre la sécurité publique en raison de cette réglementation.
Le fait qu’un laboratoire fédéral de référence tel que le FLI invoque le droit de la sécurité pour ne pas divulguer ces informations méthodologiques fondamentales n’est pas compréhensible d’un point de vue scientifique. Cela donne plutôt l’impression que la transparence est délibérément restreinte et que les normes scientifiques sont subordonnées à des arguments juridiques formels.
D’un point de vue scientifique, cette catégorisation générale est problématique. Les contrôles négatifs ne contiennent ni virus infectieux ni expertise secrète – ils ne font que prouver que les méthodes fonctionnent correctement. Ils sont indispensables à la traçabilité des résultats de la recherche. Sans cette information, la qualité des expériences ne peut être vérifiée, ce qui est un principe fondamental de bonne pratique scientifique et est explicitement souligné dans les lignes directrices de la Fondation allemande pour la recherche.
Ma préoccupation est donc claire : il ne s’agit pas de la publication d’informations sensibles ou relatives à la sécurité, mais de la transparence dans les recherches méthodologiques de base. Une divulgation même partielle, par exemple sous forme anonyme ou résumée, répondrait aux exigences scientifiques et ne compromettrait pas la sécurité.
L’affaire met en évidence une tension fondamentale : d’une part, le public a un intérêt légitime à la traçabilité et à la transparence scientifiques ; d’autre part, des informations de laboratoire sensibles sont retenues pour des raisons de sécurité. Je suis favorable à ce que des autorités telles que le FLI procèdent à une évaluation différenciée qui permette de rendre compréhensibles les normes méthodologiques sans prendre de risques en matière de sécurité. La confiance dans la recherche publique et ses résultats pourrait ainsi être renforcée – un objectif qui sert à la fois la science et le public.
La correspondance électronique complète est disponible.
De plus amples informations sur ce sujet et d’autres sont disponibles sur la plateforme scientifique NEXT LEVEL – Wissen neu gedacht.





